Des salons pilotés par smartphones et tablettes

Si les coiffeurs ont toujours eu un peu de mal avec l‘informatisation, l’essor des extensions nomades sur PC, puis sur tablettes et smartphones semble bien être la bonne approche qui les incite à franchir le cap.

Des salons pilotés par smartphones et tablettes

Un tiers des Français sot aujourd’hui équipés de tablettes tactiles, et les deux tiers d’entre eux possèdent un smartphone, symbole d’une demande de réponse immédiate à toutes les questions que l’on se pose au quotidien. Les coiffeurs n’échappent pas à ce mouvement. Depuis 2 ans environ, la “nomadisation” des solutions logicielles est amorcée, passant de l’usage gadget anecdotique à une application concrète professionnelle. “L’aspect dématérialisé et le côté immédiat des solutions informatiques deviennent une évidence pour les salons, même si le démarrage à été lent. Aujourd’hui tout le monde s’y met, aussi bien ceux qui ont une seule affaire que les multi-salons, explique Guillaume Egron, du service marketing de Pivot Point. La raison la plus évidente pour les patrons : mieux gérer leur présence en salon. Ils passent déjà plus de 70 heures dans leur salon, ils ne sont désormais plus obligés de rester tard pour faire leur comptabilité ou consulter les tableaux de bord (le e-reporting). S’ils peuvent toujours y travailler au salon, ils peuvent aussi le faire de chez eux sur un PC ou encore aec une tablette (de n’importe quelle borne wifi) voire, pour certains aspects, directement depuis leur smartphone.”

Pour un suivi de l’activité à distance

Les outils nomades sont plus pratiques, moins encombrants et peuvent suffire pour les trois quarts des usagers du quotidien. Mieux : il rendent l’informatique plus accessible, y compris pour les plus réticents aux outils classiques. “Récupérer les données est si aisé que les plus technophobes sont souvent convaincus, constate Medhi Benamara, chef de produits chez 3CI Solutions. Les applications nomades simplifient énormément l’utilisaion au quotidien de l’informatique.” Même constat pour Isabelle Bruneau, directrice adminitration des ventes chez Ikosoft. “Le nombre de coiffeurs qui souhaitent travailler à distance de leur salon est en hausse, et représente aujourd’hui un client sur trois, voir un sur deux ! La première étape est souvent l’ordinateur au domicile ou l’ordinateur portable pendant les congés, mais de plus en plus, les clients souhaitent se diriger vers des tablettes et smartphones, moins encombrants.” Les différents usages des logiciels professionnels deviennent très accessibles. Grâce aux outils mobiles, le coiffeur mono-salon peut s’absenter du salon sans stress, car il garde un œil sur son activité. Et Isabelle Bruneau d’ajouter : ” Cela permet aussi de mieux organiser son temps et de faire les choses à tête reposée, loin du tumulte du salon. Pour le coiffeur multi-salons, cela permet d’éviter de passer trop souvent dans ses différentes affaires. Les applications déportées sont de plus en plus fréquentes.” Le patron se présente alors dans les salons en ayant déjà tous les chiffres en tête, après avoir réfléchi en amont aux actions marketing spécifiques, aux résultats et variations de chiffre d’affaires dont il lui faudra discuter avec le manager. Mais les outils nomades ont un autre aspect très pratique, l’instantanéité de l’information via la programmation d’alertes envoyées sur le téléphone, ou encore la gestion du carnet de rendez-vous. “C’est d’ailleurs l’un des arguments principaux pour passer enfin au planning sur support numérique, remarque Mehdi Benamara. Il permet de voir et de gérer directement la journée de chaque collaborateur : Cela permet de passer au salon connecté 24 heures sur 24 afin de suivre les nouvelles habitudes de consommation. Cette logique est assez intuitive, les coiffeurs eux-mêmes l’appliquent en tant que consommateurs, lorsqu’ils réservent les voyage en ligne ou consultent des infos commerciales. Les rendez-vous en ligne sont désormais opérationnels.

Les rendez-vous en ligne,
pour booster le business

Si chaque fournisseur ne tarit pas d’éloges sur “sa” solution de rendez-vous en ligne, Guillaume Egron apporte l’argument qui peut faire basculer les coiffeurs : “La mise en place de ce système a des effets variables selon les salons et les pratiques de chacun, mais une fois rodé, c’est entre 60 et 100 rendez-vous par mois, en fonction de la taille du salon, qui sont ainsi générés !” Perrine Lhote, chef de marché chez Fiducial Informatique, rajoute : “Le développement de la prise de rendez-vous en ligne pour différents secteurs (médicaux, bancaires, beauté, etc.) correspond à un besoin de flexibilité, de rapidité et de liberté. Ainsi, je peux prendre mon rendez-vous chez mon coiffeur en choisissant mon créneau et ma prestation. Cela simplifie d’ailleurs la prise de rendez-vous pour le coiffeur qui n’a pas à répondre au téléphone pendant qu’il travaille ; s’il a le bon logiciel, son carnet se met automatiquement à jour. Certains coiffeurs plébiscitent le système, mais il n’est pas encore entré dans les mœurs.” Le domaine de l’esthétique a bien compris les enjeux, ce qui lui a permis aussi de compenser la difficulté de répondre au téléphone dans les petits instituts. Même si l’accès permanent à l’information apporté par la nomadisation des outils informatique doit se gérer si l’on ne veut pas devenir « accro », il permet de tirer le meilleur des données dont on a vraiment besoin. Ainsi, le récent accord entre Cegeco et 3CI Solutions, qui permet d’avoir une mise à jour quasi permanente des informations comptables, donc de la situation de l’entreprise, donne toute la mesure de son potentiel avec des outils nomades. “Le pilotage devient plus fin, avec davantage d’indicateurs, même si on peut justement en simplifier l’accès par une logique d’alertes ciblées sur ce qui est vraiment important”, explique Medhi Benamara.

Une analyse simplifiée et visuelle

On calibre le logiciel pour n’afficher que les tableaux significatifs parfois, une douzaine suffit, même si théoriquement un logiciel peut en produire, via divers recoupements, plus de 150. Paradoxalement, cela risque de noyer le coiffeur sous l’information, et ne l’aide pas a découvrir les chiffres importants en un coup d’œil quotidien. Il peut recevoir des rapports préprogrammés qu’il consulte où il veut, sur le support qui l’arrange, tout cela étant évidemment paramétré avec l’aide du fournisseur. “Par exemple, le ratio de nouveaux clients, les retours d ’opérations de promotion, le nombre de techniques, l’analyse du client type, énumère Guillaume Egron. Ensuite, on peut toujours se poser tranquillement devant son ordinateur pour une analyse plus approfondie”. Vient alors l’étape suivante, lancer des opérations marketing dont la pertinence sera d’autant plus grande que les coiffeurs auront pu jeter un œil régulier sur les chiffres d’affaires, l’évolution des prestations, les changements subtils d’activité grâce aux outils nomades. On entre la dans un usage plus expert qui implique de se poser afin de réfléchir aux promotions en salon, couponings et autres envois d’e-mail et campagnes SMS. Perrine Lhote explique ainsi que “le récapitulatif synthétique et ergonomique sur son smartphone ou PC portable, accessible à n’importe quel moment, reprend toutes les données du logiciel. Il permet d’un coup d ’œil d ’avoir les principaux ratios illustrant le niveau de l’activité ; et selon ces résultats, il est possible d’aller plus loin dans l’analyse pour mener les bonnes actions correctives ou les challenges collaborateurs !” Mehdi Bcnamara donne cet exemple concret d’utilisation optimisée : “Des outils sur smartphones et tablettes régulièrement consultés et un planning numérisé permettent de garder un œil sur le potentiel commercial de la semaine à suivre.

“Le carnet de rendez-vous en ligne évite d’avoir à répondre au téléphone pendant qu’on travaille.”

On peut ainsi lancer des opérations pour booster l ’activité et être dans l ’action, au lieu de seulement constater après coup qu’il y a eu une baisse.” Même son de cloche chez Ikosoft : “Avec notre solution Nomad, le client peut, depuis son portable, consulter les rendez-vous, l’état des stocks, les coiffeurs du salon, la présence des collaborateurs et même prendre des rendez-vous pour le salon !”, explique Isabelle Bruneau. Tous ces outils dématérialisés sont un plus, mais pas un substitut à l’étude plus poussée de la situation de son entreprise grâce à l’informatique traditionnelle. Elle-même n’étant de son côté qu’une aide à l’action, commerciale ou de management. Le but n’est pas de fliquer en permanence les employés d’un salon, ou les managers dans le cas de multi-salons, mais de savoir où porter son attention pour un marketing ciblé et de mettre en place un vrai management, en allant à l’essentiel sur les points identifiés qui bloquent et en en parlant avec les coiffeurs. Exemple type : le nombre de colorations baisse ? Est-ce le cas pour toute l’équipe ? Éventuellement, y a-t-il une évolution différente dans d’autres salons ? Le problème vient-il d’un manque de formation, du marché global, d’un problème de recrutement de nouveaux clients ? Loin de rebuter les coiffeurs, le développement d’outils nomades semble bien être la solution pour les séduire et les amener enfin à exploiter tout le potentiel de leurs logiciels !